On a failli passer à côté. Sorti en février dernier chez Howlin’ Banana Records, All Good Things End du groupe chest. nous avait échappé dans le flot des sorties du début d’année. Erreur corrigée — et on aurait eu tort de laisser ça dormir dans une playlist oubliée. Parce que cette première livraison est sèche, tendue, précise, et annonce un groupe avec les crocs.
3 ingés son, un fou des pédales, un Anglais gueulard
C’est quoi chest. ? Un groupe français, oui. Mais atypique dans sa composition : trois ingénieurs du son, un mec obsédé par ses pédales d’effets, et un chanteur anglais qui crie plus qu’il ne chante, mais avec un charisme brut et une urgence qui ne sonnent jamais forcés. Ça pourrait sentir l’usine bien huilée, mais non : ça cogne, ça vibre, ça prend aux tripes.
Du post-punk tendu, mais qui sait aussi danser
Dès le morceau-titre All Good Things End, le ton est donné : une rythmique martelée, des guitares abrasives, une voix qui crache ses tripes. Ça sent la fatigue du monde, l’électricité froide, et le chaos canalisé. On pense Idles, forcément, mais dans un registre plus retenu, plus chirurgical. Là où d’autres explosent, chest. contient — et c’est peut-être encore plus fort.
Sur Self Sabotage ou Blood On Your Doorstep, c’est la tension qui prime. Mais le groupe sait aussi changer de terrain : Song 008 ralentit, se fait presque sentimental. Et puis il y a Aceta, morceau de clôture aux accents électro, qui donne envie de danser la rage au ventre.
Dans le paysage français, difficile de ne pas penser à Mad Foxes — autre groupe qui mélange sueur, précision et décibels. Mais chest., lui, pousse le curseur différemment : plus d’effets, plus d’espace, moins de rock pur et dur, plus de textures. Une esthétique post-punk augmentée, presque club parfois, qui ne sacrifie jamais la tension.
Un premier disque à digérer dans les os
All Good Things End n’a rien d’un disque de débutants. C’est clair, net, tranché au scalpel. Et pourtant, ça reste organique, viscéral. Un EP court mais dense, qui mérite plusieurs écoutes pour tout capter — et qui surtout donne très, très envie de les voir en live.
chest., n’est pas juste un bon nouveau groupe. C’est une vraie entrée en matière, un signal fort. Le post-punk français a trouvé un nouveau terrain de jeu. Et ça fait du bien.


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