Pendant huit jours, au cœur de Coutances, les vergers s’éveillent à des harmonies insoupçonnées. Depuis 1982, « Jazz sous les pommiers » n’est pas seulement un festival : c’est un rite collectif, un souffle printanier qui nous traverse tous, enfants du bocage et promeneurs de passage, portant avec lui l’étrangeté douce de rencontres musicales.
Un souffle printanier à Coutances
Chaque année, à l’occasion du pont de l’Ascension, la cité normande se transforme : ruelles, jardins et places deviennent scènes et déambulations. Les accords de contrebasse se mêlent aux cuivres des fanfares, tandis que jongleurs et échassiers déploient leur art dans l’air tiède des soirées. Au détour d’une allée, c’est un quartet de jazz contemporain qui dialogue avec un orchestre de fanfare improvisé ; un rockeur réinvente ses riffs au contact d’un beat électro ; une guitare manouche tisse un pont fragile entre hier et demain.
Et pourtant, derrière cette apparence plurielle, subsiste une cohérence profonde : toutes ces musiques, aussi diverses soient-elles, partagent cette même volonté de tordre les repères, d’ouvrir l’oreille à l’inattendu. Sous les pommiers — désormais déployés en scène naturelle — se croisent traditions et avant-gardes, mélodies familières et expérimentations sonores.
Une programmation sans frontières
Cette année (du 24 au 31 mai 2025), le festival renoue avec sa vocation d’exploration : plus de 400 musiciens, 58 concerts payants, 62 spectacles gratuits, répartis sur sept lieux en ville et dix disciplines artistiques. Au programme : l’élégance lyrique de Salif Keïta, les arabesques pianistiques d’Hiromi, la fanfare balkanique du Balkan Paradise Orchestra, la magie onirique de Pink Martini… Sans oublier Caravan Palace et Mo Laudi qui, forts de leur électro festive, rappellent que les basses peuvent être joyeuses autant que puissantes.
Irene Dresel : le set électro et floral que l’on attend tous
Mais le moment le plus attendu reste assurément celui d’Irene Dresel, promise à un écrin de verdure pour son concert d’ouverture du week-end de clôture. Après avoir fait vibrer le Stade de France lors de la cérémonie finale des Jeux olympiques de Paris 2024, elle investit maintenant les pommiers normands de son électro organique et florale. Projections picturales de fleurs en apesanteur, nappes sonores où se mêlent techno mélodique et ambient poétique, lumière pastel : son univers est un jardin suspendu, où chaque pulsation invite à la rêverie.
C’est dans cette mise en scène bucolique et intemporelle que Jazz sous les pommiers révèle son altérité sonore : un festival où le jazz n’est plus une étiquette, mais un point de départ, un prétexte pour disséminer sous les branches des musiques du monde, du rock, de l’électro et des arts de la rue. À Coutances, nous avons grandi avec ces vibrations ; chaque printemps, elles nous rappellent qu’un verger peut devenir cosmos, qu’un festival peut être utopie active. Laissez-vous porter : la symphonie commence dès le premier pommier fleuri.
Pour découvrir toute la programmation, rendez-vous sur le site de Jazz sous les pommiers


Laisser un commentaire