Critique – Allbarone de Baxter Dury : le cynisme se met à danser

Critique Allbarone de Baxter Dury

Avec Allbarone, sorti le 12 septembre 2025, Baxter Dury s’offre un virage électro inattendu, produit par Paul Epworth. Résultat : un disque lumineux et dansant, sans jamais abandonner son ton acide et ses portraits urbains ironiques.


Un virage inattendu

Dès le morceau titre, Allbarone, on comprend que Dury a quitté la pénombre intime de ses précédents albums pour plonger dans des sonorités plus club. Boîtes à rythmes, nappes synthétiques, tension disco : la formule surprend, mais fonctionne. Ce qui aurait pu sembler un exercice de style opportuniste devient ici une extension cohérente de son univers cynique.


Entre ombre et lumière

Les textes gardent la verve habituelle : sarcasme, désillusions, personnages grotesques et tendres à la fois. Mais cette fois, tout est porté par une énergie plus directe, presque euphorique. On danse, tout en sentant le malaise affleurer – un paradoxe qui reste la marque de fabrique de Baxter Dury.


Un Baxter Dury qu’on aime autrement


Chez Altérité Sonore, on l’avoue : on aime beaucoup Allbarone. Baxter Dury signe ici un disque riche, surprenant et incroyablement plaisant à écouter. Des titres comme Allbarone, Mockingjay ou encore Return Of The Sharp Heads se détachent par leur groove, leur ironie et cette énergie électro irrésistible qui donne envie de danser sans perdre de vue la noirceur du propos. Difficile de le comparer à It’s A Pleasure ou Happy Soup, tant on n’est plus dans le même registre : là où ces albums brillaient par leur intimité et leur intensité émotionnelle, Allbarone séduit par sa force sonore et son panache. Alors, à défaut de dire que c’est notre préféré de Baxter Dury, disons que c’est assurément notre album électro préféré de l’artiste.



Verdict

Allbarone n’est peut-être pas l’album de Baxter Dury qui nous bouleverse le plus, mais il prouve avec éclat qu’il sait encore surprendre, se réinventer et élargir son terrain de jeu. Plus qu’un simple détour électro, c’est une nouvelle facette de son univers, qui confirme qu’il reste, toujours, un artiste à part, inclassable et indispensable, et pour tout ça, on ne peut que l’adorer.