Le retour d’un outsider radical, huit ans après
Huit ans après Screen Memories (2017) et sept ans après Addendum (2018), John Maus revient avec un nouvel album, Later Than You Think, sorti chez Young. L’attente était longue, mais elle valait la peine : il signe ici un disque dense de seize morceaux, à la fois fidèle à son univers et plus ouvert qu’à l’habitude.
Un disque plus accessible, sans perdre son identité
Depuis ses débuts avec Songs (2006) ou We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves (2011), Maus s’est fait connaître pour son esthétique lo-fi : synthés rugueux, voix enfouie dans la réverbération, atmosphères sombres et mélancoliques. Ce nouvel album garde cette patte, mais avec un son plus rond, moins brouillon, qui le rend plus facile d’accès.
Sans trahir son style, Maus donne plus d’espace à ses chansons. Les textes, souvent hantés par des thèmes spirituels ou politiques, gagnent en clarté. L’ensemble reste étrange et singulier, mais se laisse apprivoiser plus rapidement que ses disques précédents.
Les morceaux marquants
Parmi les seize titres, certains se détachent vite. “Disappears” est un hymne fantomatique, porté par une voix qui flotte sur des nappes de synthés limpides : une chanson simple mais touchante. “Tous les gens qui sont d’ici sont d’ici”, chantée en français, étonne par sa musicalité décalée et son côté presque hypnotique, l’un des instants les plus marquants du disque. À l’inverse, “I Hate Antichrist”, déjà connu en single, illustre le côté frontal et mystique de Maus, entre provocation et désespoir. Entre ces morceaux, l’album oscille entre ballades synthétiques plus lentes (Tonight, Theotokos) et passages plus rythmés (Came & Got, Pick It Up).
Notre avis
Nous avons toujours adoré des disques comme Songs ou We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves, qui restent parmi les sommets de la discographie de John Maus. Later Than You Think n’essaie pas de les imiter : il choisit une autre voie, plus accessible, moins lo-fi, mais toujours aussi habitée. C’est un album sincère, étrange et profondément marquant, qui prouve que Maus reste l’une des voix les plus singulières de la scène synth-pop expérimentale.
Un retour qu’on attendait, et qui ne déçoit pas.


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