Sorti discrètement fin octobre 2025, Ткстуры (ou Tekstury, « Textures ») est le nouveau disque de Buerak, duo sibérien devenu l’un des visages forts du post-punk russe.
On avait manqué sa sortie, et c’est bien dommage : le groupe signe ici un album court, audacieux et plein de bonnes surprises.
Une intro qui brouille les pistes
Dès les premières secondes, Buerak prend à revers tout ce qu’on attend d’eux.
L’intro n’a rien de post-punk au sens classique : la basse, presque funky, sonne en slap, soutenue par un groove souple et inattendu. On se demande tout de suite où le duo veut nous emmener. Cette ouverture donne le ton : Ткстуры sera un disque d’exploration, où Buerak joue avec les codes sans jamais s’y enfermer.
Des sons qui sortent du cadre
Tout au long des dix titres, l’album multiplie les petites trouvailles sonores.
Sur « Криминальные разборки » (Bagarres criminelles), un bip répétitif évoque une barrière de train ou un portique de métro.
Sur « Король » (Le Roi), un saxophone s’invite discrètement, rare dans le post-punk, mais ici parfaitement intégré, apportant un souffle inattendu.
Enfin, « Время » (Le Temps), dernier morceau, s’achève sur une guitare acoustique dépouillée. Après la froideur des textures électroniques, c’est une sortie douce et simple, presque humaine.
Un format court, une vraie cohérence
En dix morceaux pour 28 minutes, Ткстуры s’écoute d’une traite.
Les riffs et la basse restent impeccables, mais tout semble pensé pour créer du relief, des contrastes, une impression de mouvement. L’album explore la frontière entre le mécanique et l’organique, le synthétique et le vivant, fidèle à son titre.
Une esthétique entre naissance et étrangeté
La pochette, bleutée et liquide, montre deux silhouettes humaines en suspension.
Difficile de ne pas y voir des spermatozoïdes géants, à la fois étranges et fascinants, une image de naissance synthétique, comme si la musique elle-même sortait d’un laboratoire sous-marin.
Cette imagerie colle parfaitement au son du disque : un post-punk en mutation, en pleine transformation.
Un album à redécouvrir
Sans renier ses racines, Buerak signe avec Ткстуры un disque à part, plus audacieux et texturé.
Il déroute, surprend, puis accroche. C’est un album qu’on écoute vite, qu’on réécoute souvent, et qui confirme la capacité du groupe à réinventer le post-punk sans le trahir.


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