Novembre a été dense. On a retrouvé des groupes qu’on aime bien, découvert des virages inattendus, et parfois levé un sourcil. Voici ce qu’on retient, simplement, en vrac, sans chichi.
Nürnberg — Live
Un live qui fait plaisir à entendre. On a suivi cette tournée de près, donc réécouter ces titres nous a ramenés tout droit dans les salles — pour le meilleur et le moins bon.
La qualité de l’enregistrement dépend clairement des lieux : certains titres sonnent impeccables, d’autres un peu plus rugueux. Mais pour Nürnberg, ça colle bien.
Et surtout, quel plaisir de retrouver Abdymi, que nous avions entendu en live à la Sala Vol de Barcelone.
Un disque qui ne cherche pas à masquer ses aspérités : juste un groupe qu’on aime, capté tel quel.
Dharmacide — Tougher Than The Rest
Mitigé, mais avec de beaux moments.
Le jeune groupe madrilène propose ici un album élégant, parfois très beau, avec des titres qui fonctionnent instantanément. The Cigs, The Light, The Coffee and Crying en est l’exemple parfait : sacré riff, refrain entêtant, on l’a gardé en tête longtemps.
Mais l’ensemble sonne parfois trop “bien fait”, trop propre. Et c’est là que ça coince un peu pour nous : ce qu’on aime chez Dharmacide, c’est leur côté brut, leurs riffs qui collent, cette voix soufflée et fatiguée qui murmure plus qu’elle ne chante.
Ici, certains morceaux perdent un peu de cette poussière qui faisait leur charme.
Pas un mauvais album du tout, mais peut-être pas le plus marquant de leur discographie. On attend déjà le prochain avec impatience.
Mcbaise — Wrongderful
Très bon, tout simplement.
Mcbaise fait du Mcbaise, et ça fonctionne toujours. Wrongderful reste dans son univers psyché et flottant, un peu comme si on dérivait doucement sans jamais toucher terre.
Tous les titres sont sympas, mais on a un petit faible pour Alice, avec sa ligne de basse absolument addictive, miam, pour rester précis.
Un album efficace, cohérent, qui confirme une fois de plus que Mcbaise n’a pas besoin de se réinventer pour nous attraper.
Rosalía — LUX
Très bonne surprise, même pour nous.
On n’avait pas été entièrement convaincus par Motomami (qui reste un bon disque malgré tout), et on n’avait pas spécialement plongé dans El mal querer. Par contre, Los Ángeles, son premier album flamenco, nous avait beaucoup plu.
Avec LUX, Rosalía change encore de terrain, et cette fois elle va puiser dans la musique classique. On ne va pas refaire ici une analyse complète, il y en a partout.
Mais c’est très bon. Surprenant. Parfois même magistral.
Un album ample, ambitieux, cohérent, qui montre une artiste en pleine maîtrise.
Notre morceau préféré : La Yugular, sans hésitation.
Orelsan — La fuite en avant
Mouais…
On adore Orelsan (on vient d’à côté de Caen, alors oui, c’est un peu du patrimoine). Les Casseurs Flowters, Comment c’est loin, Bloqué, La fête est finie… ça fait partie de notre paysage.
Mais on avait déjà décroché un peu avec Civilisation, notamment L’odeur de l’essence : une prod folle, mais un texte qui enfonçait quelques portes ouvertes sous couvert de coup de gueule (pas vraiment) politique.
Du coup, La fuite en avant, on ne l’attendait pas spécialement. Et force est de constater que ce n’est pas si mémorable. Quelques bons passages, oui, mais l’ensemble manque d’impact.
Une chronique de Libé nous a d’ailleurs bien fait rire, osant comparer certains titres à du Bénabar. Pas très sympa, mais il faut reconnaître que la pique était bien trouvée (et on aime Bénabar, hein).
On se consolera avec le film, qui lui, reçoit d’excellentes critiques.
Conclusion
Un mois de novembre particulièrement riche en sorties : de belles surprises, quelques débats internes, et surtout beaucoup de matière à réécouter.
Décembre s’annonce tout aussi chargé. Et on ne va pas faire semblant : notre plus grosse hype, c’est clairement Bitume Caviar Vol. 2 des messieurs Isha et Limsa d’Aulnay. On compte les jours.


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