Le retour d’Isha et Limsa d’Aulnay avec Bitume Caviar Vol. 2 était attendu comme peu d’albums de rap francophone. La hype était immense : le premier volume est devenu, avec le temps, un projet majeur des dernières années. Un disque qui a marqué autant par sa sincérité que par son équilibre entre rue, introspection et écriture millimétrée.
Alors, ce second volume est-il à la hauteur ?
Un projet solide, mais moins immédiat
Dès la première écoute, une chose frappe : Bitume Caviar Vol. 2 est un bon album. Très bon, même. Mais il manque peut-être ce petit vertige que le premier volume avait réussi à créer.
Les productions, signées notamment par Lucci et Dee Eye, sont propres, cohérentes et parfois très belles. Pourtant, elles marquent un peu moins. On retrouve l’ambiance typique du duo, mais l’impact est moins instantané. Les textes aussi accrochent moins au premier abord : toujours bien écrits, toujours maîtrisés, mais peut-être moins tranchants, moins surprenants.
Mais attention : Bitume Caviar est un projet qui mûrit dans le temps. Le premier volume, lui aussi, avait mis du temps avant d’être reconnu comme un classique. Ce Vol. 2 semble suivre la même logique : un album qui se révèle à mesure qu’on le réécoute, qui demande un peu de patience.
Les morceaux qui tirent tout vers le haut
Heureusement, certains titres se détachent immédiatement.
- Berlingo et Fin de ce monde, sortis en singles, étaient clairement les bons choix. Ils sont les moments les plus forts du projet : mélodies mémorables, émotion forte, écriture parfaitement calibrée.
- Le morceau avec Yamê est une très belle surprise : l’alchimie fonctionne, le titre respire et apporte une couleur différente.
- On retient aussi Maître Nageur, qui reste en tête après la première écoute et montre la complémentarité du duo.
Ces morceaux témoignent du haut niveau du projet et de la capacité d’Isha et Limsa à rester touchants et précis.
Une suite qui cherche moins à impressionner qu’à durer
Bitume Caviar Vol. 2 n’essaie pas de reproduire artificiellement la magie du premier volume. Et c’est probablement une bonne chose. C’est un album plus posé, plus en contrôle, peut-être moins spectaculaire mais plus réfléchi.
Ce qu’il perd en immédiateté, il pourrait bien le regagner en longévité. C’est le genre de disque dont on ne sait pas encore s’il deviendra un classique, simplement parce qu’il demande du temps. Et c’est souvent le signe d’un bon projet.
Verdict
À chaud, Bitume Caviar Vol. 2 n’est pas aussi transcendant que son prédécesseur.
Mais il est solide, sincère, bien produit, et porté par deux artistes au sommet de leur complémentarité.
Donnez-lui une semaine, un mois, un an. On pourrait bien revenir pour dire :
« ok, c’était un chef-d’œuvre en devenir ».
En attendant, c’est un album très réussi, avec plusieurs titres excellents et une vraie cohérence artistique.


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