Pourquoi on aime Tom Waits plus que tout

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Il y a des artistes qu’on admire.
Et puis il y a ceux qu’on aime.
Tom Waits, on ne l’aime pas pour son image, ni pour ses tubes.
On l’aime pour ce qu’il nous fait, pour ce qu’il déplace.
Pour ce qu’il murmure quand on n’a plus les mots.


Une voix, un monde

On aime Tom Waits parce qu’il ne ressemble à personne.

Sa voix râpeuse comme une vieille porte qu’on n’a jamais osé huiler, froide et rauque, mais étrangement chaleureuse. Sa manière de parler des marginaux, des insomniaques, des cœurs abîmés — sans jamais tomber dans la caricature.

Ses chansons font pleurer, rire parfois, réfléchir souvent. Elles tiennent debout même quand elles vacillent. Comme nous, peut-être.

Il est poète, clown triste, conteur d’ombres, musicien du désordre intérieur. Et c’est pour ça qu’on l’aime.


Le musicien… et l’acteur

Tom Waits est aussi un acteur incroyable.

Dans Down by Law (Jim Jarmusch, 1986), il incarne la solitude avec une justesse troublante. Dans The Ballad of Buster Scruggs (Coen, 2018), il devient prospecteur dans un monde sans pitié, lumineux malgré tout.

Il ne joue pas des rôles, il habite des silences.

Si vous ne l’avez jamais vu à l’écran, on vous recommande la vidéo “Tom Waits et le cinéma” sur Blow Up – ARTE. Un bel hommage à sa présence discrète, mais marquante.


Une apparition, une émotion

En février 2025, il est brièvement réapparu dans le documentaire italien Ultima Fermata – The Last Ride, diffusé sur RAI3.

Il y lit ses poèmes (Seeds on Hard Ground) et chante Tom Traubert’s Blues. Une simple caméra, un piano, sa voix.

Et nous, face à ça, on a eu la gorge nouée. Pas seulement parce que c’était beau, mais parce que c’était lui. Parce qu’il suffit de peu pour que tout remonte. Parce que cette voix, ce regard, cette manière de dire le monde sans le juger, c’est comme retrouver un vieil ami. Un ami qu’on pensait perdu de vue. Mais qui revient. Pas pour longtemps. Juste assez.


Singulier et proche

On aime Tom Waits parce qu’il est singulièrement différent, et pourtant si proche.

Il ne cherche pas à plaire. Il ne se met pas en vitrine. Il écrit des chansons pour celles et ceux qui écoutent quand le monde dort.

Il parle de ce qu’on n’ose pas toujours dire, mais qu’on ressent tous : l’usure, l’attente, les secondes chances.
Il ne nous comprend pas forcément. Mais il nous reconnaît.


À (re)voir et écouter

films

  • The Ballad of Buster Scruggs (Coen, 2018)
  • Down by Law (Jim Jarmusch, 1986)

musiques

  • Tom Traubert’s Blues – version Ultima Fermata (2025)
  • Telephone Call from Istanbul – version Big Time (1988)
  • Ol’ 55Closing Time (1973)
  • Ruby’s ArmsHeartattack and Vine (1980)
  • Little Drop of PoisonThe End of Violence OST (1997)
  • Clap HandsRain Dogs (1985)
  • Green GrassReal Gone (2004)

On aime Tom Waits parce qu’il nous accompagne sans insister.
Parce qu’il rend les choses dures un peu plus belles.
Parce qu’il nous donne l’impression d’être moins seuls.
Et ça, c’est plus fort que tout.