Samedi 24 octobre, Fontaines D.C. était de passage au Sant Jordi Club de Barcelone. Quelques jours après la sortie de leur cinquième album, Dopamine Chamber, les Irlandais ont livré un excellent concert, entre nouveaux morceaux, classiques et maîtrise instrumentale.
Depuis la sortie de Dogrel en 2019, Fontaines D.C. a parcouru un sacré chemin. Du post-punk brut de ses débuts aux ambiances plus sombres de Skinty Fia (2022), puis aux expérimentations de Romance (2024), les cinq Dublinois n’ont cessé de faire évoluer leur musique. Une évolution qui se poursuit avec Dopamine Chamber, leur cinquième album, sorti le 16 octobre dernier, davantage tourné vers les sonorités électroniques.
Au Sant Jordi Club de Barcelone, le groupe est venu défendre ce nouveau disque, tout en proposant un large aperçu de sa discographie.
Une setlist généreuse et bien construite
Le concert démarre avec Tongue, avant d’enchaîner les morceaux à un rythme soutenu. Les échanges avec le public sont assez rares, même si Grian Chatten prend le temps, au milieu du set, de lancer un « Free, free Palestine », repris en chœur par la salle.
Avec 21 titres au programme, Fontaines D.C. traverse l’ensemble de sa discographie. Des morceaux comme Boys in the Better Land, Jackie Down the Line ou A Hero’s Death côtoient les compositions plus récentes. Malgré les différences de style entre les albums, l’ensemble reste cohérent et les chansons s’enchaînent naturellement.
Parmi les meilleurs moments de la soirée, Roman Holiday se démarque particulièrement. Déjà excellent sur Skinty Fia, le morceau prend une dimension impressionnante en live. Les guitares sont magnifiques, notamment celle de Conor Curley, et la section rythmique accompagne parfaitement la progression du titre.
Autre réussite, Bug, extrait de Romance, qui fonctionne particulièrement bien sur scène. Les morceaux de Dopamine Chamber s’intègrent eux aussi très naturellement à la setlist. Plus on écoute ce nouvel album, plus on apprécie les choix musicaux du groupe, et leur interprétation en concert ne fait que renforcer cette impression.
Petite déception en revanche sur Big Shot. Là où la version studio repose sur une atmosphère assez contemplative, le groupe en propose une interprétation plus directe et plus rock. Le morceau perd ainsi une partie de ce qui fait son charme sur disque.
Dans le public, les classiques sont repris avec enthousiasme, tandis que les chansons les plus récentes suscitent encore quelques hésitations. Rien de très surprenant pour un album sorti seulement huit jours auparavant.
Côté son, le résultat est globalement très satisfaisant. Comme souvent dans les grandes salles, le volume du Sant Jordi Club entraîne parfois un peu de résonance, ce qui peut rendre certains passages moins précis. Le mixage reste néanmoins bien équilibré et permet de profiter pleinement du concert.
Cinq musiciens impressionnants
Au-delà de la setlist, c’est surtout la qualité des musiciens qui marque les esprits. Fontaines D.C. est aujourd’hui un groupe particulièrement solide sur scène.
Carlos O’Connell impressionne par sa polyvalence. Guitare électrique, douze cordes, synthétiseurs : il change régulièrement d’instrument et assure l’essentiel des parties rythmiques. Son jeu est précis et apporte beaucoup à la richesse des arrangements.
À ses côtés, Conor Curley se distingue par ses lignes de guitare mélodiques. Derrière ses lunettes de soleil, il joue avec une justesse remarquable, sans jamais en faire trop. Sa prestation sur Roman Holiday est particulièrement réussie.
Conor Deegan III assure quant à lui les parties de basse, tout en passant occasionnellement aux synthétiseurs. Il participe également aux harmonies vocales, avec une voix particulièrement douce qui contraste avec celle de Grian Chatten.
Derrière la batterie, Tom Coll est une véritable machine. Son jeu est puissant, précis et régulier. Il constitue l’un des éléments essentiels de l’énergie du groupe sur scène.
Enfin, Grian Chatten confirme son statut de leader charismatique. Peu bavard, il n’a pas besoin d’en faire beaucoup pour capter l’attention. Sa présence scénique est naturelle et son interprétation particulièrement convaincante.
On remarque surtout les progrès réalisés sur sa voix ces dernières années. Déjà perceptible sur Romance, cette évolution se confirme avec Dopamine Chamber et se ressent pleinement en concert. Son chant est aujourd’hui plus maîtrisé et plus varié, capable de passer de passages très mélodiques à des interprétations beaucoup plus nerveuses.
Fontaines D.C. confirme son statut
Après I Love You, qui clôt le set principal, le groupe revient pour un rappel de quatre morceaux : Six Shot Morning, Japan, Starburster et enfin Where Is Gone?. Une belle manière de conclure une soirée qui aura parcouru toutes les périodes de leur discographie.
Avec ce concert, Fontaines D.C. confirme qu’il fait partie des groupes de rock les plus intéressants à voir sur scène aujourd’hui. En quelques années, les cinq Irlandais ont considérablement progressé, aussi bien dans leur écriture que dans leur interprétation. Leur musique s’est enrichie de nouvelles influences, sans perdre l’énergie qui faisait déjà la force de leurs premiers morceaux.
Avec 21 titres, une setlist très bien construite et cinq musiciens en excellente forme, Fontaines D.C. a offert une très belle soirée au public barcelonais. Un groupe à voir absolument sur scène.
Setlist de Fontaines D.C. au Sant Jordi Club, Barcelone, le 24 octobre 2026
- Tongue
- Here’s the Thing
- Nabokov
- Boys in the Better Land
- Marianne
- Jackie Down the Line
- You Miss Me
- Roman Holiday
- A Hero’s Death
- In the Modern World
- Happy for You
- Big Shot
- Death Kink
- Mimesis
- Bug
- Favourite
- I Love You
Rappel
- Six Shot Morning
- Japan
- Starburster
- Where Is Gone?


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