Drug Church à La Nau : le hardcore entre chaos et mélodie

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Le 28 septembre, Drug Church était à La Nau, à Barcelone, pour la dernière date de sa tournée européenne. Malgré un Patrick Kindlon presque sans voix après plusieurs semaines sur les routes, le groupe américain a livré un concert intense, largement porté par l’énergie du public.

Nunnery ouvre la soirée

La soirée débute avec Nunnery, groupe de hardcore punk catalan originaire de Terrassa et El Masnou, actif depuis 2005.

Le groupe propose un set efficace, très ancré dans le punk hardcore. Le chanteur se distingue notamment par une bonne maîtrise vocale, alternant un chant punk assez frontal et des passages growlés plus lourds. Sur scène, Nunnery se montre énergique et techniquement solide, avec une musique directe qui fonctionne bien en ouverture.

Une première partie convaincante et parfaitement adaptée avant l’arrivée de Drug Church.

Drug Church au bout de sa tournée européenne

Formé à Albany au début des années 2010, Drug Church évolue depuis ses débuts entre hardcore punk, post-hardcore et rock alternatif. Un mélange que l’on retrouve notamment sur PRUDE, leur dernier album sorti en 2024 chez Pure Noise Records, où les morceaux les plus agressifs côtoient des riffs et des refrains beaucoup plus mélodiques.

À Barcelone, le groupe arrive surtout au terme d’une tournée européenne particulièrement chargée. Depuis le début du mois de septembre, Drug Church est passé par le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, la Suisse et la France, avant trois dernières dates à Donostia, Madrid et Barcelone.

La tournée a laissé des traces. Patrick Kindlon annonce avoir pratiquement perdu sa voix. Une difficulté forcément perceptible sur certains morceaux, mais qui n’empêche pas le chanteur de tenir le concert grâce à son énergie et surtout à son aisance avec le public.

Du stage diving à répétition

Car un concert de Drug Church se joue autant devant que sur la scène.

Tout au long du set, Patrick Kindlon encourage les spectateurs à monter à ses côtés avant de se jeter dans la fosse. Les stage dives s’enchaînent alors à un rythme assez impressionnant, au point de devenir l’une des images marquantes de la soirée.

Le phénomène concerne surtout les premiers rangs. À quelques mètres de là, le public reste beaucoup plus calme. Devant la scène, en revanche, pogos, montées sur scène et plongeons se succèdent pendant une grande partie du concert.

Kindlon joue beaucoup avec cette proximité. Malgré ses difficultés vocales, le frontman conserve un vrai charisme et passe une bonne partie du set à échanger avec les spectateurs, à les faire participer et à entretenir l’agitation dans la fosse. Une présence qui permet au concert de conserver son intensité malgré la fatigue accumulée par le groupe.

La force de Drug Church : rester mélodique

Au-delà de l’énergie du concert, la date barcelonaise rappelle surtout ce qui distingue Drug Church au sein de la scène hardcore.

Le groupe conserve tout ce qui fait l’efficacité du genre : des guitares lourdes, une batterie très présente, un chant abrasif et des morceaux particulièrement adaptés au live. Mais cette agressivité est régulièrement contrebalancée par des riffs plus mélodiques et des refrains immédiatement identifiables.

C’est ce mélange qui rend Drug Church plus accessible que certaines formations de hardcore sans pour autant édulcorer sa musique. Le groupe peut être brutal pendant quelques secondes puis basculer vers un passage beaucoup plus mélodique, parfois proche du rock alternatif.

À La Nau, cette dualité fonctionne particulièrement bien. Le concert est physique, bruyant et parfois chaotique, mais les morceaux restent suffisamment mélodiques pour ne pas reposer uniquement sur leur agressivité.

Pour ceux qui souhaitent découvrir le hardcore sans forcément commencer par ses formes les plus radicales, Drug Church constitue ainsi une très bonne porte d’entrée. Sur scène, le groupe conserve toute l’intensité du genre, avec suffisamment de mélodie pour toucher un public plus large.

À condition, évidemment, de ne pas avoir peur de prendre quelques coups d’épaule si l’on s’approche des premiers rangs.