Les sorties du vendredi : six albums à découvrir ce 9 octobre

Tramhaus

Comme chaque vendredi, de nouveaux albums viennent enrichir une actualité musicale particulièrement chargée en cette fin d’année. Cette semaine, on retrouve du post-punk, du rock psychédélique, des expérimentations électroniques et quelques belles mélodies indie. Voici les six disques que nous avons écoutés et ce que nous en avons pensé.

Tramhaus, Blister

Deux ans après The First Exit, le groupe néerlandais Tramhaus revient avec Blister, son deuxième album. Le quintette de Rotterdam poursuit son exploration d’un post-punk nerveux, entre guitares saturées, rythmiques insistantes et influences noise rock.

Le résultat est convaincant, même si l’ensemble finit parfois par tourner un peu en rond. Les morceaux reposent souvent sur des constructions similaires et l’album manque de variations pour captiver pleinement sur toute sa durée. Cela n’empêche pas Tramhaus de proposer plusieurs très bons titres, à commencer par « The Answer? », l’un de nos favoris. Blister n’est pas forcément un disque que l’on écoutera en boucle, mais plutôt un album dans lequel on reviendra régulièrement piocher quelques morceaux.

Death Valley Girls, Welcome to Earth

Avec Welcome to Earth, Death Valley Girls revient après une période particulièrement difficile pour sa chanteuse Bonnie Bloomgarden, qui a notamment perdu sa maison dans les incendies de Californie. Plutôt que de proposer un album sombre, le groupe américain a choisi de poursuivre son exploration d’un rock garage lumineux, largement influencé par le psychédélisme des années 1970.

Et c’est une belle réussite. Welcome to Earth déborde d’énergie, avec des guitares psychédéliques, des mélodies accrocheuses et une utilisation des cuivres qui apporte une vraie richesse aux arrangements. L’influence des années 1970 est omniprésente, sans donner l’impression d’un simple exercice nostalgique. Le groupe parvient à conserver son énergie garage tout en développant des atmosphères plus colorées. Un album que nous avons beaucoup apprécié, aussi agréable pour ses passages les plus entraînants que pour ses envolées psychédéliques.

Marina Herlop, Dja Dja

La musicienne catalane Marina Herlop revient avec Dja Dja, un album qui poursuit ses expérimentations autour de la voix, de l’électronique et des rythmiques complexes. Autoproduit et publié indépendamment, ce nouveau disque de quinze titres intègre notamment des instruments de gamelan enregistrés à Bali.

Dès les premières minutes, on comprend que Dja Dja ne ressemble pas à grand-chose d’autre. Les voix se superposent, les rythmes changent constamment et les arrangements empruntent des directions souvent inattendues. Le résultat peut dérouter, mais c’est aussi ce qui rend l’écoute intéressante. Nous avons particulièrement aimé « Vas volant », avec Adri Goor, qui compte parmi les plus belles réussites du disque. Clairement, ce n’est pas l’album le plus accessible de cette sélection, mais pour les amateurs de musique expérimentale et de propositions originales, Dja Dja mérite largement le détour.

BODEGA, All Inside Aquarium

Le groupe new-yorkais BODEGA revient avec All Inside Aquarium, un quatrième album qui marque une évolution dans sa discographie. Habitué à un post-punk anguleux et minimaliste, le groupe de Brooklyn s’oriente ici vers un rock alternatif plus mélodique, avec des guitares davantage mises en avant et des compositions plus accessibles.

Ce changement de direction fonctionne plutôt bien. Les morceaux sont efficaces, les mélodies accrocheuses et l’ensemble s’écoute avec beaucoup de plaisir. Nous avons particulièrement apprécié « Oxygen », l’un des titres les plus réussis du disque. On regrette toutefois un certain manque de folie dans les compositions. BODEGA semble parfois jouer la sécurité, là où quelques prises de risques supplémentaires auraient pu rendre l’album encore plus intéressant. Malgré cette réserve, All Inside Aquarium reste un très bon disque, qui montre une autre facette du groupe sans renier complètement ses origines.

Gnod, Chronicles of Gnowt (Vol 2)

Avec Chronicles of Gnowt (Vol 2), Gnod poursuit une trilogie entamée plus tôt cette année. Actif depuis une vingtaine d’années, le collectif britannique continue de développer un rock expérimental particulièrement intense, à la croisée du noise rock, du psychédélisme et des musiques répétitives. Enregistré en six jours avec le producteur Spud Murphy, ce deuxième volet privilégie les longues séquences instrumentales, les guitares saturées et les rythmiques pesantes.

Autant prévenir : l’écoute est dense. Très dense, même.vec seulement cinq titres pour 41 minutes, les morceaux prennent leur temps, avançant souvent sur des riffs répétés jusqu’à saturation, avec une lourdeur qui peut devenir presque étouffante. Mais c’est précisément ce qui fait le charme de l’album. À l’image d’un gâteau au chocolat particulièrement riche, on pourrait rapidement en avoir assez, et pourtant on y retourne volontiers. Mention spéciale à « Old Gold », dont le riff massif et la rythmique implacable comptent parmi nos meilleurs moments du disque. Chronicles of Gnowt (Vol 2) demande un certain investissement, mais les amateurs de rock lourd et expérimental devraient largement y trouver leur compte.

Teenage Fanclub, Do Not Dare to Dream

Près de quarante ans après leurs débuts, les Écossais de Teenage Fanclub poursuivent leur carrière avec Do Not Dare to Dream, leur treizième album. Norman Blake et Raymond McGinley restent fidèles à leur formule, faite de guitares mélodiques, d’harmonies vocales et d’une pop rock héritée des années 1960 et 1970. Un disque qui s’inscrit dans la continuité de Nothing Lasts Forever, paru en 2023.

Sans chercher à révolutionner leur musique, Teenage Fanclub livre un album agréable, porté par des compositions simples et des mélodies soignées. Nous avons particulièrement aimé « Be With You Tonight », un morceau qui résume bien ce que le groupe sait faire : une écriture directe, des guitares chaleureuses et un refrain qui fonctionne immédiatement. L’ensemble ne cherche pas à surprendre, mais conserve un charme certain. Do Not Dare to Dream est un disque sympathique, qui devrait satisfaire les amateurs de pop mélodique et les fidèles du groupe.